04/08/2007

MALBOUFFE § nutrition et la delinquance

 

L’effet désastreux de la malbouffe sur le cerveau 

Consommer trop d’aliments riches en sucres et en graisses provoque l’obésité, le diabète et des maladies cardio-vasculaires. C’est un fait établi et reconnu par tout le monde, scientifiques, politiques et grand public. Ce dont on se ne doute pas, c’est que ce genre de régime agirait également sur le cerveau augmentant l’agressivité et la violence des personnes.


 

Un nombre non négligeable d’études parues dans des revues scientifiques sérieuses pointent dans ce sens. En 2002, Bernard Gesch, physiologiste à l’Université d’Oxford et ses collègues ont publié une étude montrant un lien direct entre la nutrition et le comportement criminel. Dans une prison anglaise, 231 hommes de 18 à 21 ans ont été partagés en deux groupes. L’un recevait avec son repas des compléments en vitamines, minéraux et acides gras, l’autre des placebos. Ni les prisonniers, ni les gardiens, ni les chercheurs à la prison ne savaient qui avait quoi. Pendant quatre mois, les chercheurs ont relevé le nombre de fois où les prisonniers transgressaient les règles, se comportaient de manière violente et l’ont comparé aux relevés d’avant l’expérience. Les résultats étaient surprenants. Les prisonniers prenant les compléments avaient commis en moyenne 26% d’infractions et 37% d’actes de violence en moins. Ceux qui avaient eu les placebos n’avaient montré aucun changement de comportement.
Les travaux menés pendant vingt ans par le Dr. Stephen Schoenthaler, professeur de criminologie à la California State University ont produit des résultats pour le moins troublants. Avec ses collègues, il a étudié les liens entre nutrition et comportement dans des centres de réinsertion pour adolescents et adultes ainsi que dans les écoles publiques des Etats-Unis. En ajustant la nourriture ingérée et/ou en ajoutant des compléments nutritionnels, il est arrivé à faire diminuer la violence, les tentatives d’évasions, les agressions. Pour lui, une meilleure nourriture entraîne un meilleur comportement ainsi que de meilleures performances scolaires.

Pourquoi être surpris de tels résultats ? Le cerveau n’est pas isolé du reste du corps. Il a besoin de matériaux bruts pour d’abord se construire (fœtus) puis pour fonctionner. Le cerveau consomme 20% de notre énergie et est l’organe le plus sophistiqué d’un point de vue chimique. Pour produire tous les différents neurotransmetteurs, sérotonine, dopamine…qui participent à la régulation de nos humeurs et de nos comportements, il en faut des nutriments, apportés par l’alimentation. Si elle est trop pauvre, les conséquences peuvent être désastreuses. L’augmentation des dégénérescences cérébrales, des dépressions, de l’hyperactivité et autres maladies mentales inquiète les autorités de santé dans le monde entier qui n’en comprennent pas les causes. Il serait trop simpliste et incorrect de n’accuser que la nourriture que nous mangeons. Mais sa part de responsabilité est probablement plus importante que ce qui est communément pensé. Cette nouvelle arme de lutte contre le crime semble facile à mettre en œuvre mais elle s’oppose à tellement d’intérêts financiers que les prisons et les pilules ont encore de beaux jours devant elles.

Sources et références pour aller plus loin (en anglais) :
Feeding crime
The Ecologist

01:29 Écrit par L'Ariou dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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