18/08/2007

La Semaine mondiale de l'eau à Stockholm

 

 eau

Des experts du monde entier sont réunis à Stockholm du 12 au 18 août pour la Semaine Mondiale de l'Eau.

La Semaine mondiale de l’eau de Stockholm, organisé par l’Institut international de l’eau de Stockholm (SIWI), est l’une des principales instances mondiales à réunir chaque année des spécialistes du monde des affaires, des gouvernements, des secteurs scientifiques et de la gestion des ressources en eau, d’organisations intergouvernementales, d’ONG, d’institutions de recherche et de formation et d’organes des Nations Unies.

Intitulée ‘’Progrès et perspectives dans le domaine de l'eau: pour un développement durable dans un monde qui change’’, cette édition s’intéressera notamment cette année au réchauffement climatique, à la problématique des biocarburants et des installations sanitaires.

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Quels sont les principaux thèmes abordés à Stockholm ?

 
- Les conséquences du changement climatique sur la gestion durable des fleuves sont au cœur des discussions, avec en toile de fond la sécheresse à laquelle sont confrontés les pays du pourtour méditerranéen et la mousson qui perdure en Inde et au Bangladesh.
- L’autre enjeu concerne les agrocarburants. Ils incitent à utiliser plus de pesticides et d’engrais qui vont dégrader la qualité des eaux.
De plus, au Brésil, la filière des agrocarburants a pris des surfaces cultivables sur la forêt tropicale qui joue un rôle primordial dans la régulation des pluies.
Pourtant, en France par exemple, si on consacrait l’ensemble des terres exploitées mais aussi en jachère aux agrocarburants, cela ne permettrait de couvrir que 15 % des besoins des véhicules.
- Les participants vont aussi étudier les possibilités d’économies d’eau à tous les niveaux, notamment l’utilisation de l’eau de pluie pour les toilettes, la lessive et l’arrosage.
En France, un couple avec deux enfants consommant 200 mètres cubes d’eau par an peut récupérer 80 mètres cubes d’eau pluviale en moyenne, soit une économie de 240 euros (au prix de 3 euros le mètre cube).

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L’utilisation intensive des pesticides a-t-elle un impact sur la qualité de l’eau dans l’Hexagone ?

Même s’il y a une tendance à la réduction de la quantité de pesticides utilisés, les molécules ont une durée de vie longue.
La qualité de l’eau continue donc à se dégrader. En 2004, selon les données de l’Institut français de l’environnement, 96 % des eaux de surface et 61 % des nappes phréatiques présentaient au moins un pesticide, soit une hausse de 16 points dans le premier cas et 4 points dans le second par rapport à 2002.


 

En France, l’eau du robinet reste-t-elle potable ?
La réglementation y est très stricte. Certes, certaines communes, notamment en Bretagne, sont confrontées à un problème de pollution par les nitrates. Mais elles peuvent se raccorder au réseau d’une commune voisine ou puiser l’eau à partir d’une autre source.
Les messages sur la pollution de l’eau par les pesticides rendent en revanche les populations soupçonneuses et les poussent à opter pour des eaux en bouteille. Celles-ci n’apportent pas plus de garanties sanitaires que l’eau du robinet et elles ont un prix au moins cent fois supérieur.


 

Et l’eau en bouteille est elle-même source de pollution…
La fabrication d’une bouteille en plastique a une empreinte écologique forte parce qu’elle utilise du pétrole.
Il faudrait agir en amont sur l’amélioration de la qualité de l’eau du robinet plutôt qu’en aval sur le traitement industriel de l’eau. Cela nécessite la construction d’un périmètre de protection autour des stations de pompage pour protéger les sources d’eau des pesticides et des engrais.
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La bouteille, ennemie des écolos


Depuis le début de l’été, les écologistes américains mènent une offensive d’envergure contre l’eau en bouteille, de plus en plus prisée par leurs concitoyens. Leur consommation a augmenté de 9,7 % en 2006, selon l’institut Beverage Marketing Corporation.
Or, une étude scientifique du Conseil américain de défense des ressources naturelles (NRDC) montre que la réglementation ne suffit pas à assurer la pureté de l’eau en bouteille : celle-ci «n’est pas nécessairement plus propre ou plus sûre que l’eau du robinet». Souvent, l’eau en bouteille est puisée dans les mêmes sources que l’eau du robinet.


 

Par ailleurs, 1,5 million de barils de pétrole est nécessaire chaque année pour fabriquer les bouteilles consommées par les Américains, affirme l’ONG Earth Policy Institute.


 

Source : Rifaï Line : Libération du 16 août 2007

 

11:24 Écrit par L'Ariou dans ACTUALITE | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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